Vous avez dit participation ? (4)

4 – Développer et mettre en œuvre une culture de la participation
En décidant d’associer les habitants qui ne sont, ni n’ont vocation à être des experts du sujet, on s’expose à des avis différents, peut-être inattendus ou inhabituels. Ils peuvent également révéler du conflit ou des avis qui remettent en cause le projet dans sa nature ou dans son intention.

Cette conception renouvelée de la démocratie est porteuse d’une plus grande lisibilité, légitimité et efficacité de l’action publique. Un projet partagé vaut mieux qu’un projet décrété aussi performant soit-il. La concertation doit ainsi permettre de favoriser l’appropriation des projets d’aménagement ou de développement, la prise en compte de leurs contraintes techniques, juridiques, et financières.

La légitimité de l’action publique passe par cette exigence d’argumentation, de pédagogie et de construction collective de l’intérêt général. D’autant que comme nous l’avons évoqué les concitoyens sont porteurs d’une connaissance, d’une expertise d’usage de leur territoire, de leur quartier. Cette expertise mise au service de la conception d’un projet est une source d’enrichissement pour les élus. Un projet concerté est non seulement un projet mieux approprié, mais surtout un projet enrichi par la prise en compte de certaines des attentes, interrogations et propositions des citoyens y compris des opposants qui ont souvent un avis bien plus “riche” pour améliorer le projet que les inconditionnels…
Dans ce contexte il peut gagner en sens, précision, légitimité, efficacité, utilité, qualité de service rendu, acceptabilité sociale…

Ainsi, la participation est un volet à part entière de la conduite d’un projet. L’intégrer suppose une évolution des cultures de l’ensemble des acteurs qui participent au processus d’élaboration de la décision publique. Il s’agit de décloisonner et de travailler en transversalité comme un dans un mode projet.
S’engager dans une telle démarche relève d’un choix politique et suppose une préparation approfondie s’appuyant sur une méthodologie qui met en œuvre 5 principes issus de la philosophie développée notamment par la CNDP.

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Au fond, qu’est-ce qu’une démarche de participation réussie ? Cela dépend bien entendu des objectifs et de sa finalité. Selon Gilles-Laurent Rayssac et Christian de la Guéronnière[1] “c’est un processus utile et efficace. Son utilité s’appréciant au nombre et à la qualité des productions d’idées qu’il permet et qui enrichissent ou valorisent le projet objet de la démarche. L’efficacité se mesurant sur le ratio contributions produites / temps passé. La maîtrise du temps étant un réel facteur clé à ne jamais perdre de vue.

[1] In guide de la concertation – dossiers d’experts – Territorial éditions – octobre 2014

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