Démission de Nicolas Hulot : il y aura un avant et un après… Enfin, je l’espère…

Inattendue mais prévisible, dans son moment et sa forme, la démission de Nicolas Hulot n’est pas autre chose qu’un schisme politique comme la société en connait de temps en temps.
Bien au-delà des cénacles, quels qu’ils soient, je pense qu’elle marquera profondément la vie politique. Enfin, je l’espère…
Ne serait-ce que parce que le cadre et le contexte de cette décision auront constitué un moment d’authentique catharsis dans lequel, chose rare, la conviction sincère aura diablement supplanté le calcul politique tout autant que la stratégie de communication forgée, au micron près, par quelque communicants très inspirés !
Il en existe…
Que la sincérité s’impose au cynisme, me parait plutôt une bonne nouvelle.
Certes en termes politiques, ce qui n’est pas mon propos ici. Mais surtout

en termes de communication. Car on est jamais aussi performant que lorsqu’on est sincère et porteur de convictions.
Et quoi qu’on pense de sa posture, force est de reconnaître que Nicolas Hulot a su trouver les mots justes pour dire sa sincérité. Son attitude, réfléchie, calme et posée, a incontestablement renforcé la puissance de ses propos.
Nicolas Hulot a dit ce qu’il avait sur le coeur, sans détours et avec un parler vrai rare qui devrait avoir une plus grande place dans les débats politiques.
A méditer…
Démission de Nicolas Hulot : il y aura un avant et un après.
Enfin, je l’espère !
En tout cas : respect !

Affaire d’Etat, affaire d’été ?

Comment qualifier “l’affaire Benalla” qui aura donc abondamment nourri les chroniques de cette seconde quinzaine du mois de juillet ?

Loin de moi, l’idée de proposer une quelconque clé de lecture sur ce point sujet à caution…

Juste envie de souligner une nouvelle fois, l’impact des réseaux sociaux dans la diffusion d’informations étayées d’images captées par des anonymes depuis leur smartphone, diffusées en boucles d’abord sur les réseaux sociaux puis sur les sites de presse et chaînes de télévision dans des formats plus ou moins contextualisés.

A ce stade, la seule conclusion qu’on puisse tirer, c’est que les stratégies de déni, de minimisation, voire de dissimulation, coûtent très, très cher aux instances mises en cause !

Pour le meilleur ou le pire, il faut admettre qu’à l’heure de la prédominance, voire de la toute puissance des réseaux sociaux, du sommet de l’Etat à la plus petite commune, aucun dispositif de communication ne doit faire l’impasse sur cette question qui doit être absolument maîtrisée de bout en bout.

Le monde change…

25 mai : le RGPD entre en vigueur !

Vendredi 25 mai, le règlement général sur la protection des données entre en vigueur.
Il clarifie et renforce les droits des internautes sur l’utilisation de leurs données personnelles.
S’il confirme de nombreuses dispositions déjà en vigueur mais dans les faits, peu ou mal appliquées, il accroit notablement le poids des sanctions qui peuvent être infligées.
L’occasion de faire le point sur vos pratiques.
Pour vous éclairer, je soumets à votre lecture cette note très (trop ?) synthétique.
Bonne lecture !

Les français et la vie politique : la défiance toujours en marche !

Le CEVIPOF et ses partenaires ont livré aujourd’hui la 9ème vague du baromètre de la confiance dans la vie politique. Etude annuelle toujours intéressante notamment parce qu’elle s’inscrit dans la durée.
Elle montre que cette confiance reste très largement plombée malgré les inflexions du printemps dernier ! Le journal “les Echos” qui la présente en exclusivité titre : “un léger effet Macron dans un océan de défiance”.
A noter que cette défiance atteint maintenant les institutions locales.
Du jamais vu, jusqu’à ce jour, la cote de confiance du maire dégringolant de 9 points en un an. Passant de 66 % à 55 %.
J’y reviendrai lorsque j’aurai pu lire et étudier l’intégralité de cette étude qui n’a pas encore été publiée.
En attendant, deux courtes interviews intéressantes de Bruno Cautrès et Luc Perrineau donnent la tendance :

NB : L’étude a été mise en ligne ce matin, 30 janvier sous ce lien

Conseils avisés de Françoise Giroud aux plumitifs… 

La trêve de fin d’année m’a donné l’occasion de me replonger dans l’excellent bouquin de Françoise Giroud “profession journaliste”. Il me plait de partager ces quelques lignes que j’aime beaucoup :

“L’écriture ne s’apprend pas, donc ne s’enseigne pas. C’est une disposition naturelle. Comme pour le piano, on a le don ou on ne l’a pas. Si on l’a, il faut travailler dur. Savoir qu’un adverbe est presque toujours superflu, un « qui » ou un « que » par phrase le maximum autorisé. Il faut écrire avec l’oreille, comme le faisait Flaubert, pour éviter les assonances et les hiatus. Respecter la musique personnelle de chacun, cette qualité si rare. J’avais édicté un certain nombre de règles simples.
Numéro 1 : inutile d’avoir du talent à la cinquième ligne si le lecteur vous a lâché à la quatrième.
Numéro 2 : si on peut couper 10 lignes dans un article sans enlever une idée, c’est qu’elles étaient en trop.
Numéro 3 : jamais de point d’interrogation dans un titre, cette vilaine manie de la presse française. Un journal est là pour répondre aux questions des lecteurs, non pour en poser.
Numéro 4 : par contre placer un verbe dans le titre, le renforce.
Numéro 5 : suivre le conseil de Paul Valéry : de deux mots, choisir le moindre. Et le moindre ne signifie pas le plus mou, le plus plat mais qui a… comment dire… la taille la plus fine.
Ne pas oublier que l’écriture est comme la danse, il ne faut jamais arrêter les exercices à la barre. Après une interruption un peu prolongée, la reprise est dure. (…)”

Ces conseils de la fondatrice de l’Express restent d’une grande pertinence.
A user sans modération, encore et toujours.

Elections 2017 : une abstention record mais surtout un vote de plus en plus intermittent fondé sur des clivages sociaux forts

L’INSEE a livré en octobre dernier une étude fouillée sur l’abstention lors des élections présidentielles et législatives du printemps 2017. Si elle a alors atteint un niveau record, l’analyse de l’INSEE livre des résultats éclairants qui montrent qu’il faut parler d’absentions, au pluriel, et non de l’abstention, tant les comportements abstentionnistes sont hétérogènes. Sans compter que le lieu de résidence a également une incidence : l’abstention systématique est nettement plus élevée dans les DOM qu’en métropole, plus forte à l’est qu’à l’ouest de l’hexagone ! Tout cela dessine un paysage électoral atypique comme le souligne les auteurs de l’étude.

Un taux d’inscription sur les listes électorales élevé, autour de 90 % et 9 inscrits sur 10 qui ont voté au moins à l’un des 4 tours de scrutin sont des indicateurs qui montrent qu’il n’y a pas de réelle désaffection pour la vie politique. Bien sûr l’élection présidentielle a davantage mobilisé que l’élection législative.

En regardant de plus près on constate que seuls quatre inscrits sur dix ont participé à tous les tours des élections contre cinq sur dix aux élections de 2002, 2007 et 2012. De moins en moins d’inscrits votent donc systématiquement (cf.infographie ci-dessous). Ce recul du vote systématique concerne toutes les tranches d’âge*, toutes les catégories sociales, tous les niveaux de diplômes. Il se confirme aussi que la proportion d’inscrits ne votant qu’à la présidentielle : 21 % d’entre eux n’ont voté qu’aux deux tours de la présidentielle en 2017 contre 9 % en 2002 !

Débuter sur Twitter…

Twitter est l’un des incontournables sur les réseaux sociaux ! A titre individuel comme pour une institution.
A titre d’exemple la TAG, exploitant du réseau de transports en commun de l’agglomération grenobloise l’a adopté comme outil d’information sur l’état du trafic : incidents, retards, événements… A l’image de cet exemple, les collectivités peuvent y gagner beaucoup en qualité et réactivité d’informations des habitants pour des usages. De la coupure d’eau aux travaux qui condamnent la circulation dans telles ou telles rues, etc.
Twitter vient d’éditer un guide, bien fait, pour accompagner ceux qui le souhaitent à faire leurs premiers pas sur ce réseau.

Le live, une nouvelle manière de communiquer !

A l’évidence, l’avènement d’Emmanuel Macron à la présidence de la République est marquée par quelques notables évolutions sur le champ de la communication. Ainsi, depuis quelques semaines on assiste au développement d’une communication totalement hors média classiques, qui privilégie les réseaux sociaux et tout particulièrement la nouvelle fonctionnalité “live” de Facebook.

Ainsi, à au moins deux reprises, nous avons pu suivre en direct le Président visitant les services de l’Elysée : le standard et les archives.

Communication minimaliste sur un plan technique avec des images très probablement tournées avec un smartphone mais très efficaces par l’impact qu’elles ont si l’on considère le nombre de vues en direct, sans compter les visionnages a posteriori.

Une fonctionnalité très intéressante que n’importe qui peut donc utiliser, notamment sur le champ de la communication municipale : réunion publique, conseil municipaux et plus généralement temps forts de la vie locale..

Photos de campagne…


Il y a 5 ans, au fil d’une série de billets, je m’étais modestement essayé à une analyse sémiologique des affiches des différents candidats à l’élection présidentielle de 2012. Exercice sans aucun intérêt pour celle-ci, tant les 11 affiches ne racontent strictement rien. Elles ne sont qu’une succession de portraits en plans serrés sans aucune mise en scène particulière. Tout juste parfois un léger fond avec un paysage, un ciel neutre ou une dominante de rouge pour Philippe Poutou.

Sans doute la traduction d’une campagne très morne mais surtout la confirmation que l’affiche électorale est un instrument de propagande relégué au rayon des accessoires, supplantée qu’elle est par l’incontestable par dominante qu’ont pris les réseaux sociaux. De ce point de vue, la palme revient sans conteste à Jean-Luc Mélenchon qui aura pousser fortement leurs usages et fait preuve d’une réelle créativité en la matière. Pour ceux qui sont intéressés par cette question, je recommande le numéro de “Déshabillons-les”, l’excellente émission de décryptage des médias d’Hélène Risser sur Public Sénat sur le thème “moi, candidat youtubeur”. A voir ici.