Vous avez dit participation ? (1)

1 – Participation : mais au fait de quoi parle-t-on ?
Souvent, j’entends les élus que je côtoie me dire “Oui, alors là, on a décidé d’engager la concertation avec les habitants et donc j’organise une réunion publique…”. Et là, à chaque fois, je me dis que l’affaire, bien mal engagée, est potentiellement porteuse d’une situation de conflit et peut être de blocage. Car s’il est un sujet sur lequel la confusion règne c’est bien celui-là.

En premier lieu, trop souvent les termes “information”, “consultation”, “concertation”, devenus “attrape-tout” sont utilisés indifféremment alors que chacun d’eux possède un sens précis et couvre des réalités différentes sur lesquelles il convient d’être clair, sauf à entretenir la confusion et nourrir bien des désillusions qui ne peuvent conduire qu’à l’échec.

De manière schématique, on retiendra que c’est la nature du flux d’information qui caractérise le niveau d’implication des habitants. Celui-ci étant inversement proportionnel au degré d’exigence que requièrent la préparation et l’organisation d’un processus participatif. En résumé, inutile de s’engager dans une telle démarche sans l’avoir préalablement minutieusement cadrée et organisée. D’autant que la participation recouvre des formes variées, plus ou moins sophistiquées, qui répondent à des objectifs différents et ont donc des effets distincts sur la production de la décision.
Implication

Seconde pierre d’achoppement, la distinction entre démocratie représentative et participative que l’on oppose a priori trop souvent sans raison, l’une n’étant pas exclusive de l’autre. Si la légitimité de l’élu procède de l’élection qui est le creuset de la démocratie représentative, la démocratie participative est davantage l’expression d’un mode de gouvernance mis en œuvre sous diverses formes, de la seule initiative de l’élu. L’une et l’autre ne s’excluent pas. À des degrés divers, elles se complètent et influencent plus ou moins fortement le processus de formation de la décision publique.

En suscitant la discussion parmi les citoyens, la participation favorise la formation d’un consensus. Dans certains cas, plutôt exceptionnels, cela peut aboutir à ce que les deux formes de démocratie se superposent. La décision n’est plus uniquement le fait des représentants élus mais devient aussi celui des citoyens actifs. Dans ce fonctionnement, le moment décisif n’est donc plus l’élection mais bien le processus qui conduit à la décision. Le débat devenant la clé de voûte permettant de satisfaire l’intérêt général.

A suivre.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.