Thème : Point de vue

Une vision clivée de l’avenir de la commune…

Si le sondage évoqué dans le post précédent révèle un consensus très fort sur l’attachement à la commune, les clivages réapparaissent sur l’avenir de l’institution communale ? Un tiers seulement des Français se disent favorables à une évolution de son rôle. Un non massif se dégage donc quant à une évolution des compétences aujourd’hui exercées par les communes.

Deux tiers des Français (63%) souhaitent « qu’elles restent comme « elles sont, en gardant leurs compétences actuelles de proximité », 22,5 % d’entre eux suggèrent « qu’elles fusionnent avec des communes voisines pour ne plus former qu’une seule nouvelle commune

La ligne de clivage est générationnelle : plus on est âgé et moins on souhaite voir le périmètre des compétences de la commune évoluer. Il est aussi économique. Si les personnes dotées d’un fort capital économique (> 6000 € de revenus / mois) sont plus enclines au changement, les personnes les plus fragiles financièrement affichent une résistance marquée à l’intercommunalité : 71 % des personnes percevant un revenu inférieur à 1 250 euros par mois et 74,5 % des Français déclarant « s’en sortir très difficilement avec les revenus de leur ménage » ne souhaitent pas voir leur commune changer de rôle. Cette résistance au changement ne connaissant pas de variation selon qu’on habite l’espace rural ou urbain.

L’attachement à la commune qui est reconnue comme assurant aujourd’hui un maillage très fin et pertinent du territoire doit interpeller à l’heure de la mise en œuvre de la réforme territoriale qui organise une nouvelle montée en puissance de l’intercommunalité.

Avec seulement 12 % de Français favorables à la disparition des communes au profit d’entités plus larges et intercommunales, il existe un risque non négligeable d’une fracture territoriale qui fragiliserait le lien très fort exprimé par les Français sur le fonctionnement satisfaisant de la démocratie locale.

Toutes indications qui montrent très nettement que les recompositions à l’œuvre doivent être accompagnées d’un réel effort de pédagogie en direction des citoyens concernés.

 

Comment planter une réforme ou un projet ?

L’actualité du moment nous fournit un cas d’école sur ce sujet !
Et s’il ne m’appartient pas ici de commenter la réforme du travail, nécessaire à bien des égards, je ne peux manquer de m’interroger sur la manière dont le Gouvernement l’a engagée. De manière si brutale, si maladroite qu’on ne peut que se demander si, bien au-delà d’une erreur de communication de débutant, peu probable vu le nombre de communicants au mètre carré, ce n’est pas là, une stratégie en soi ? A quels desseins ? Cela n’est pas évident à percevoir !

Et si le sujet m’intéresse sur le champ de la communication, c’est bien parce que d’entrée de jeu, il cumule tous les symptômes et les syndromes vouant par avance un projet à l’échec absolu. Sens de la provocation, brutalité et autoritarisme, absence totale de pédagogie sérieuse… Toutes postures qui consacrent la relation dominants-dominés bien, analysée par Jean-Paul Delevoye, et que le citoyen ne supporte plus aujourd’hui.

A l’heure où les réseaux sociaux ont pris une place de choix dans le débat public et s’en sont emparés dès que le projet a été porté à connaissance, c’est complètement insensé à bien des égards.

Si aux sommets de l’Etat, ce genre de comportement prend des proportions considérables, notamment grâce à la formidable caisse de résonnance que sont devenus les réseaux sociaux avec le succès sans précédent d’une pétition digitale*, les collectivités locales et leurs élus ne doivent pas se considérer à l’abri de tels soubresauts. Il est clair que le plus petit des meilleurs projets sera désormais d’emblée battu en brèche si les conditions de son “acceptabilité” n’ont pas été réunies et donc sérieusement travaillées en amont.
Qu’on se le dise et surtout qu’on s’en convainque !

*cette pétition qui frise actuellement le million de signature restera à coup sûr dans les annales du genre !

2016 : avec tous mes très bons vœux !

Je vous souhaite et nous souhaite le meilleur pour cette année 2016 qui sera ce qu’elle sera… Peut-être aussi, ce que nous en ferons !
Puissent ces vœux de Jacques Brel (Europe 1 – 1er janvier 1968), qui n’ont pas pris une seule ride, se concrétiser…

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“Je vous souhaite des rêves à n’en plus finir et l’envie furieuse d’en réaliser quelques uns.
Je vous souhaite d’aimer ce qu’il faut aimer et d’oublier ce qu’il faut oublier.
Je vous souhaite des passions, je vous souhaite des silences, je vous souhaite des chants d’oiseaux au réveil et des rires d’enfants.
Je vous souhaite de respecter les différences des autres parce que le mérite et la valeur des autres sont souvent à découvrir.
Je vous souhaite de résister à l’enlisement, à l’indifférence et aux vertus négative de notre époque.
Je vous souhaite enfin de ne jamais renoncer à la recherche, à l’aventure, à la vie, à l’amour, car la vie est une magnifique aventure et nul de raisonnable ne doit y renoncer sans livrer une rude bataille.
Je vous souhaite surtout d’être vous, fier de l’être et heureux, car le bonheur est notre destin véritable.”

Bonne et belle année à vous.

Humilité !

NONDepuis le 13 novembre au soir, nous vivons à nouveau des heures très noires et particulièrement dramatiques qui ne peuvent laisser indifférent aucun individu “normalement constitué” sur le plan des gênes démocratiques et humanistes.

Nous sommes donc “en guerre” !
Et dans cette guerre, la communication tient sa place. Que ce soit au sommet de l’Etat ou chez les élus locaux, comme dans  l’une ou l’autre de ces communes que j’accompagne.

Dans le premier cas, il s’agit de montrer que le pouvoir tient et agit avec détermination dans une attitude de concorde nationale. C’est fondamental ! Dans les communes, c’est bien évidemment toute autre chose qui se joue. Mais pour être moins stratégiquement décisif, ce n’est pas moins essentiel. Dans ces moments de crises extrêmes comme celle que nous vivons, les citoyens ont naturellement et très légitimement tendance à se tourner vers leur maire, les investissant plus qu’à l’ordinaire de la mission de “faire société”. C’est le sens premier, de ces rassemblements de ces derniers jours qui assurent à l’échelon local une fonction vitale.

Cela démontre tout simplement la force de l’échelon communal et confirme son incontournable fonction de premier maillon de la République ! Celui à travers lequel les indispensables solidarités citoyennes se tissent et se vivent. A l’heure de la réforme territoriale qui fait douter beaucoup de la place de la commune dans la nouvelle architecture institutionnelle, cela doit donner à réfléchir à chacun.

Au-delà, il est intéressant de noter dans le maëlstrom que nous vivons, que les meilleurs registres de communication politique sont ceux qui laissent libre cours à l’expression sincère des émotions, sans qu’elles soient contrariées par quelques postures de communication que ce soit.

Cela s’est vérifié au plus haut sommet de l’Etat, comme dans la plus petite commune. Aussi imparfaite qu’elle ait été “techniquement”, la première intervention du Président de la République dans la nuit du 13 au 14 novembre, alors que les attentats n’étaient pas encore sous contrôle y aura répondu.
Visage marqué, sans fard ; expressions parfois malhabiles ; élocution parfois hésitante, il aura néanmoins eu les seuls mots qui convenaient en cette dramatique circonstance exceptionnelle : ceux de l’humaine sincérité.

Reléguant de facto, le rôle des communicants – dont je suis – à une fonction supplétive !
Ce qui me va très bien !

Mise en concurrence : 25 000 € !

Selon le Décret n° 2015-1163 du 17 septembre 2015 paru au Journal du Officiel du 20 septembre, à compter du 1er octobre, le plafond des marchés publics qui peuvent être passés sans publicité ni mise en concurrence préalable est porté de 15000 à 25000 € HT.
Pour autant, le décret précise que les règles de la commande publique doivent être respectées.

Overdose !

journauxEn l’espace d’à peine 24 heures, j’ai reçu dans ma boîte à lettres les magazines du Département, de la Métropole et enfin celui de la ville de Grenoble.
Chacun comptant 48 pages, voilà donc pas moins de 144 pages d’informations locales à ingurgiter !
Sachant qu’un citoyen lecteur consacre en moyenne 7 minutes à la lecture de la presse territoriale, on peut imaginer sans difficulté l’ampleur de la déperdition d’informations et donc le faible impact de ces supports qui, diffusés simultanément, se cannibalisent entre eux.
A méditer !

Poids des mots contre choc des photos conjugués à l’hyprocrisie absolue…

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Tout cet été, alors que nous divaguions à nos douces occupations estivales, les média, pleinement dans leur mission, n’ont cessé de nous informer jour après jour, dans une quasi indifférence générale, du drame de ces “boat people” d’un nouveau genre qui tentent de fuir leur horreur jusqu’à atteindre la mort qui leur est de toute façon promise.

Et voilà qu’aujourd’hui nos bonnes consciences sont heurtées par ces images de ce petit gamin inerte, échoué, face à terre, sur une plage turque. Une de celles où nous, européens, affectionnons d’aller nous prélasser…
Il y a 30 ans, nous avons eu droit à ces images insupportables de cette gamine colombienne que ne nous avons vu crever sous nos yeux, dans une quasi indifférence ou impuissance générale. Aujourd’hui ce sont celles de ce petit corps sans vie, échoué sur une plage turque, qu’on nous balance. Juste un enfant syrien, mais peut importe sa nationalité, de 3 ou 4 ans, qui avec sa famille, fuyait la guerre.
Et voilà que ces images toutes aussi insupportables que d’autres, car porteuses d’une inhumaine horreur, la même qu’il y a 30 ans, finissent enfin par nous interpeller. Dans notre pathos ou dans nos consciences ?
Faudrait-il se résigner à ce que la force d’images abominables, soit l’unique moteur d’un soupçon d’éveil de nos consciences ?
J’espère que NON ! Mais je vous avouerais que je doute fortement.
Suis-je loin des problématiques de communication que j’ai choisi de traiter ici, sur ce blog ? Non, tout au contraire, je crois que mon propos se situe en leur cœur. Si tant est que toute action politique appelle le courage de réagir et surtout d’agir.
Ce qui devient de plus en rare, quelle que soit l’échelle à laquelle on se situe…
Et ce n’est pas la diffusion de quelques photos aussi poignantes soient-elles qui y changera quoi que ce soit !

Vous avez dit participation ? (6)

6 – Internet à l’appui de la participation ?
L’univers d’internet est-il en lui-même un espace de concertation ou n’est-il qu’un outil au service et à l’appui de cette concertation ? La réponse à cette question est ambivalente.

Oui,
car les techniques d’information et de communication ne sont pas seulement un outil ou un média de plus. Elles constituent aujourd’hui un support essentiel d’accès à l’information, mais aussi d’évaluation et de comparaison, d’expression et d’échange. En ce sens, elles modifient en profondeur les conditions de formation de la pensée et la réflexion en permettant de la situer par rapport à celles des autres comme elles facilitent l’expression.

Mais…
Même si l’accès s’est considérablement élargi et démocratisé, la fracture numérique existe aujourd’hui moins dans l’accès que dans les capacités d’usages qui varient beaucoup d’un groupe à l’autre selon les caractéristiques sociales et d’âges, notamment. C’est bien d’accéder au média mais c’est autre chose que de pouvoir l’utiliser de manière pertinente.

 D’autant plus que…
L’un des objectifs de la démocratie participative c’est de fabriquer du débat collectif. Et que de ce point de vue, il n’est pas certain qu’internet y contribue, même si la dimension collective n’y est pas absente, en particulier à travers les pratiques collaboratives que ce média favorise. L’addition d’expressions individuelles ne suffisant pas à produire cette dimension collective qui naît précisément du processus dans lequel démarche et animation jouent un rôle essentiel.
Sans négliger le fait que la dimension communautaire, voire “tribale” (cf. les réseaux sociaux), très présente, peut vicier la concertation dans son essence même en contribuant :

  • à une sorte de “tribalisation” des points de vue, où ceux qui défendent une certaine vision, des points de vue ou opinions identiques peuvent être naturellement enclins à ne dialoguer et à coopérer qu’avec des personnes avec qui ils sont déjà en accord.
  • mais aussi à favoriser la captation de l’expression par tel ou tel groupe de pression en position d’orienter le débat et même d’influer sur la décision en raison de la difficulté de poser et gérer les mécanismes de régulation permettant de veiller à l’enrichissement du débat, à la production d’une vision collective et garantir la clarté dans les options de décision.

Il est néanmoins à peu près certain qu’internet, outil en permanente évolution jouera dans l’avenir un rôle de plus en plus important dans les processus et qu’il fera profondément évoluer le cadre d’exercice de la démocratie. Mais, admettons qu’aujourd’hui, l’outil et la manière de l’utiliser ou de se l’approprier ne sont pas suffisamment matures pour qu’internet constitue en lui-même, l’espace de la concertation.

Pour autant, il constitue d’ores et déjà un outil d’appui utile et efficace. Que ce en contribuant à la qualité de l’information par la mise en ligne, sous toutes formes, de tous les éléments disponibles en amont et pendant le processus (verbatim des réunions, relevés de conclusion…) ou en administrant des questionnaires et enquêtes en ligne qui peuvent apporter des éclairages intéressants, de nature à nourrir le débat.

Incontestablement internet est un outil d’appui à la participation qui doit être pleinement intégré à la stratégie de concertation qu’il enrichira nécessairement.

En guise de conclusion…
Chaque concertation est unique, il n’y a pas de bonne ou de mauvaise méthode. Il faut nécessairement adapter ou inventer des méthodes pour qu’elles correspondant le mieux possible à la question à traiter, au public à mobiliser mais aussi l’ampleur du processus qu’on souhaite engager. Il faut être particulièrement vigilant sur l’équilibre à assurer entre le nombre de personnes que l’on souhaite impliquer dans le processus et le contenu de la concertation. Plus il y a de contenu, moins il peut y avoir de personnes associées. Et inversement, si l’on doit mobiliser un grand nombre de personnes, mieux vaut circonscrire le contenu car il est peu probable qu’elles puissent fournir un travail trop conséquent et approfondi en commun. Ce qui est toujours source de profondes désillusions…

Concerter, c’est s’organiser pour solliciter et aller chercher un avis dont on ne dispose pas par définition. C’est une démarche intellectuelle qui est nécessairement quelque peu déstabilisante car le penchant naturel humain c’est de mettre en avant ce que l’on sait ou maîtrise bien ! Et là précisément, on traite de problématiques qui sont incertaines ou non résolus. Cette part d’incertitude pouvant être génératrice d’appréhensions qui de manière plus ou moins consciente peuvent fonder un refus de la concertation !

Et quel que soit le degré de rigueur et de minutie de la préparation du processus, s’engager dans la concertation c’est donc aussi accepter de faire face à l’inconnu et donc d’être en mesure de le gérer. Car en la matière, souvent les difficultés surgissent là où on les attendait le moins…

Enfin, et c’est utile de rappeler cette évidence pour conclure, il est vain d’organiser un processus participatif dans l’unique intention de rallier les participants à « sa” cause ou “sa” vérité. Cela est aujourd’hui totalement et définitivement inopérant car, comme le rappelait Jean-Paul Delevoye, tout citoyen attentif et exigeant.
ne manquera pas de vous dire “je n’accepte pas une décision politique si elle n’est pas précédée d’un débat. Et je ne participe pas à un débat si je n’en n’ai pas compris les enjeux”.

NB : Vous pouvez retrouvez l’ensemble des 6 posts consacrés au sujet ici.

Vous avez dit participation ? (5)

5 – Les conditions de réussite ou comment s’y prendre et l’organiser ?
Avant de passer en revue les conditions de la réussite, on doit impérativement rappeler qu’une démarche de participation est d’abord affaire de volonté politique. Ce sont les élus qui doivent donner l’impulsion, cadrer et être garants de la démarche. Préparé avec rigueur et minutie le choix de concerter doit donc être validé, compris, approprié et partagé dans ses enjeux et ses objectifs dès le départ par l’équipe municipale et les services. Elle appelle des uns et des autres une posture ouverte et collaborative qui ne supporte pas l’improvisation.

Pour cela, dès l’origine, l’élaboration d’un « plan de participation » du projet est nécessaire. Conçu sur mesure, adapté aux besoins et enjeux, il permet de bien identifier les problèmes, de préciser les choix et modalités, de poser le cadre de pilotage, de planifier la démarche, etc. C’est toujours une erreur que de considérer que LA ou LES réunions sont la concertation !

5.1 : Définir l’objet et la finalité du processus
Définir l’objet, c’est cerner et comprendre ce qui est en jeu et s’interroger sur la pertinence, l’opportunité, la faisabilité de la concertation, et cadrer précisément son objet. Selon l’objectif visé, le champ de la concertation sera plus ou moins large et l’on distinguera ce qui relève de la pédagogie de ce qui relève de la négociation :

  • S’il s’agit uniquement d’un objectif d’appropriation du projet, le contenu pourra être très large, car il ne s’agit pas de modifier le projet, mais de mieux le faire comprendre.
    – les besoins identifiés : manque d’information, incompréhensions, inquiétudes, …
    – les attentes non négociables qu’il conviendra d’expliquer ;
    – les points sur lesquels, il me paraît important d’apporter une information.
  • S’il s’agit d’un objectif d’enrichissement du projet ou de coproduction, ce champ doit être bien circonscrit pour éviter les malentendus. En effet, le projet est de par sa nature, son degré d’avancement, ses contraintes, nécessairement en partie contraint et certains points sont de fait “non modifiables”, “non négociables”.
    Le “non négociable” qui doit être très clairement explicité a priori, regroupe des considérants de natures diverses :
    – Les orientations politiques qui fondent le projet
    – Les enjeux fonctionnels du projet
    – Les contraintes irréversibles, techniques, financières, de délais, qui réduisent le champ du « négociable”
    Sachant que le périmètre du “négociable” évoluera au fur et à mesure de l’avancement du projet. Plus il avance et plus il se restreint. D’autant que le “négocié” devient par définition “non négociable”.

Vous avez dit participation ? (4)

4 – Développer et mettre en œuvre une culture de la participation
En décidant d’associer les habitants qui ne sont, ni n’ont vocation à être des experts du sujet, on s’expose à des avis différents, peut-être inattendus ou inhabituels. Ils peuvent également révéler du conflit ou des avis qui remettent en cause le projet dans sa nature ou dans son intention.

Cette conception renouvelée de la démocratie est porteuse d’une plus grande lisibilité, légitimité et efficacité de l’action publique. Un projet partagé vaut mieux qu’un projet décrété aussi performant soit-il. La concertation doit ainsi permettre de favoriser l’appropriation des projets d’aménagement ou de développement, la prise en compte de leurs contraintes techniques, juridiques, et financières.

La légitimité de l’action publique passe par cette exigence d’argumentation, de pédagogie et de construction collective de l’intérêt général. D’autant que comme nous l’avons évoqué les concitoyens sont porteurs d’une connaissance, d’une expertise d’usage de leur territoire, de leur quartier. Cette expertise mise au service de la conception d’un projet est une source d’enrichissement pour les élus. Un projet concerté est non seulement un projet mieux approprié, mais surtout un projet enrichi par la prise en compte de certaines des attentes, interrogations et propositions des citoyens y compris des opposants qui ont souvent un avis bien plus “riche” pour améliorer le projet que les inconditionnels…
Dans ce contexte il peut gagner en sens, précision, légitimité, efficacité, utilité, qualité de service rendu, acceptabilité sociale…