Thème : Point de vue

25 mai : le RGPD entre en vigueur !

Vendredi 25 mai, le règlement général sur la protection des données entre en vigueur.
Il clarifie et renforce les droits des internautes sur l’utilisation de leurs données personnelles.
S’il confirme de nombreuses dispositions déjà en vigueur mais dans les faits, peu ou mal appliquées, il accroit notablement le poids des sanctions qui peuvent être infligées.
L’occasion de faire le point sur vos pratiques.
Pour vous éclairer, je soumets à votre lecture cette note très (trop ?) synthétique.
Bonne lecture !

Conseils avisés de Françoise Giroud aux plumitifs… 

La trêve de fin d’année m’a donné l’occasion de me replonger dans l’excellent bouquin de Françoise Giroud “profession journaliste”. Il me plait de partager ces quelques lignes que j’aime beaucoup :

“L’écriture ne s’apprend pas, donc ne s’enseigne pas. C’est une disposition naturelle. Comme pour le piano, on a le don ou on ne l’a pas. Si on l’a, il faut travailler dur. Savoir qu’un adverbe est presque toujours superflu, un « qui » ou un « que » par phrase le maximum autorisé. Il faut écrire avec l’oreille, comme le faisait Flaubert, pour éviter les assonances et les hiatus. Respecter la musique personnelle de chacun, cette qualité si rare. J’avais édicté un certain nombre de règles simples.
Numéro 1 : inutile d’avoir du talent à la cinquième ligne si le lecteur vous a lâché à la quatrième.
Numéro 2 : si on peut couper 10 lignes dans un article sans enlever une idée, c’est qu’elles étaient en trop.
Numéro 3 : jamais de point d’interrogation dans un titre, cette vilaine manie de la presse française. Un journal est là pour répondre aux questions des lecteurs, non pour en poser.
Numéro 4 : par contre placer un verbe dans le titre, le renforce.
Numéro 5 : suivre le conseil de Paul Valéry : de deux mots, choisir le moindre. Et le moindre ne signifie pas le plus mou, le plus plat mais qui a… comment dire… la taille la plus fine.
Ne pas oublier que l’écriture est comme la danse, il ne faut jamais arrêter les exercices à la barre. Après une interruption un peu prolongée, la reprise est dure. (…)”

Ces conseils de la fondatrice de l’Express restent d’une grande pertinence.
A user sans modération, encore et toujours.

Débuter sur Twitter…

Twitter est l’un des incontournables sur les réseaux sociaux ! A titre individuel comme pour une institution.
A titre d’exemple la TAG, exploitant du réseau de transports en commun de l’agglomération grenobloise l’a adopté comme outil d’information sur l’état du trafic : incidents, retards, événements… A l’image de cet exemple, les collectivités peuvent y gagner beaucoup en qualité et réactivité d’informations des habitants pour des usages. De la coupure d’eau aux travaux qui condamnent la circulation dans telles ou telles rues, etc.
Twitter vient d’éditer un guide, bien fait, pour accompagner ceux qui le souhaitent à faire leurs premiers pas sur ce réseau.

Le live, une nouvelle manière de communiquer !

A l’évidence, l’avènement d’Emmanuel Macron à la présidence de la République est marquée par quelques notables évolutions sur le champ de la communication. Ainsi, depuis quelques semaines on assiste au développement d’une communication totalement hors média classiques, qui privilégie les réseaux sociaux et tout particulièrement la nouvelle fonctionnalité “live” de Facebook.

Ainsi, à au moins deux reprises, nous avons pu suivre en direct le Président visitant les services de l’Elysée : le standard et les archives.

Communication minimaliste sur un plan technique avec des images très probablement tournées avec un smartphone mais très efficaces par l’impact qu’elles ont si l’on considère le nombre de vues en direct, sans compter les visionnages a posteriori.

Une fonctionnalité très intéressante que n’importe qui peut donc utiliser, notamment sur le champ de la communication municipale : réunion publique, conseil municipaux et plus généralement temps forts de la vie locale..

Photos de campagne…


Il y a 5 ans, au fil d’une série de billets, je m’étais modestement essayé à une analyse sémiologique des affiches des différents candidats à l’élection présidentielle de 2012. Exercice sans aucun intérêt pour celle-ci, tant les 11 affiches ne racontent strictement rien. Elles ne sont qu’une succession de portraits en plans serrés sans aucune mise en scène particulière. Tout juste parfois un léger fond avec un paysage, un ciel neutre ou une dominante de rouge pour Philippe Poutou.

Sans doute la traduction d’une campagne très morne mais surtout la confirmation que l’affiche électorale est un instrument de propagande relégué au rayon des accessoires, supplantée qu’elle est par l’incontestable par dominante qu’ont pris les réseaux sociaux. De ce point de vue, la palme revient sans conteste à Jean-Luc Mélenchon qui aura pousser fortement leurs usages et fait preuve d’une réelle créativité en la matière. Pour ceux qui sont intéressés par cette question, je recommande le numéro de “Déshabillons-les”, l’excellente émission de décryptage des médias d’Hélène Risser sur Public Sénat sur le thème “moi, candidat youtubeur”. A voir ici.

C’est le moment de sauter le pas !

Tout d’abord je tiens à vous souhaiter, chers lectrices et lecteurs une très belle année 2017. Empruntant au très joli propos de Jacques Brel, déjà cité l’an dernier je crois, “Je vous souhaite des rêves à n’en plus finir et l’envie furieuse d’en réaliser quelques-uns”.

Au-delà de ces vœux, ce premier post de cette nouvelle année est l’occasion de partager quelques réflexions à propos de la cure d’amaigrissement à laquelle sont soumis les budgets communication des collectivités. Restrictions qui, dans la continuité des années précédentes, vont se poursuivre en 2017.

Il y a plusieurs manières de concevoir ces resserrements budgétaires. La plus basique consiste à effectuer de simples coupe-sombres qui affectent, sans discernement, tous les postes du budget communication. Mais c’est prendre le risque de l’incohérence, de “communiquer à minima et donc de perdre à maxima” ! Qui plus est dans un temps où les attentes des citoyens sont de plus en plus fortes en la matière. Une autre est de mettre à plat l’ensemble des actions, d’évaluer objectivement leur pertinence, c’est-à-dire le rapport efficacité/coût et de supprimer celles qui ne passent pas la barre.

Une troisième voie consiste à tirer parti des évolutions à l’œuvre avec le digital qui permettent de repositionner la fonction des imprimés et en particulier du journal de la collectivité pour organiser un mix d’information. Je dis bien repositionner et non supprimer tant il a encore toute sa place – et pour longtemps encore – dans la panoplie de la communication territoriale.

Faire le choix de cette troisième voie, nécessite de traiter trois questions qui sont liées :

  • la révision de la ligne éditoriale
  • la complémentarité avec le digital
  • l’ajustement des compétences et de l’organisation de votre service communication.

J’apporterai successivement un éclairage sur chacun de ces points dans les prochains posts.

Internet : les connexions via mobile en tête !

C’est fait, en octobre, à l’échelle de la planète, pour la première fois les connexions internet via un terminal mobile (smartphone, tablette) ont supplanté celles via un ordinateur : 51,3 % contre 48,7 %.

2039782_linternet-mobile-depasse-pour-la-premiere-fois-linternet-fixe-dans-le-monde-web-tete-0211453241529A y regarder de plus près, le mode de connexion diffère sensiblement selon les zones géographiques. Dans les pays développés, la bascule n’est pas pour tout de suite. Aux Etats-Unis, le fixe représente encore 58 % des usages Web. En Europe, près des deux tiers consultations se font encore depuis un ordinateur. En France, le chiffre monte à 70 %, contre 23 % pour le mobile et 7 % pour les tablettes. A l’inverse en Afrique et en Asie, l’internet mobile représente 64 % des consultaions. Le chiffre atteint 75 % en Inde !

Bien sûr ces tendances dans les pays émergents s’expliquent par le faible taux d’équipement en matériel informatique classique. La population accédant de plus en plus aux usages numériques, mais à partir des terminaux mobiles.

Le mouvement étant irréversible, les disparités dans le mode d’accès vont s’estomper rapidement. D’autant plus vite que l’anticipant, Google a d’ailleurs entrepris depuis quelques mois de modifier ses algorithmes pour donner la priorité au référencement des sites adaptés à la consultation en mobilité.

Ainsi la compatibilité des sites avec le mobile devient de plus en plus un enjeu crucial pour assurer sa visibilité sur le net.

Qu’on se le dise !

Source : étude StatCounter

Une vision clivée de l’avenir de la commune…

Si le sondage évoqué dans le post précédent révèle un consensus très fort sur l’attachement à la commune, les clivages réapparaissent sur l’avenir de l’institution communale ? Un tiers seulement des Français se disent favorables à une évolution de son rôle. Un non massif se dégage donc quant à une évolution des compétences aujourd’hui exercées par les communes.

Deux tiers des Français (63%) souhaitent « qu’elles restent comme « elles sont, en gardant leurs compétences actuelles de proximité », 22,5 % d’entre eux suggèrent « qu’elles fusionnent avec des communes voisines pour ne plus former qu’une seule nouvelle commune

La ligne de clivage est générationnelle : plus on est âgé et moins on souhaite voir le périmètre des compétences de la commune évoluer. Il est aussi économique. Si les personnes dotées d’un fort capital économique (> 6000 € de revenus / mois) sont plus enclines au changement, les personnes les plus fragiles financièrement affichent une résistance marquée à l’intercommunalité : 71 % des personnes percevant un revenu inférieur à 1 250 euros par mois et 74,5 % des Français déclarant « s’en sortir très difficilement avec les revenus de leur ménage » ne souhaitent pas voir leur commune changer de rôle. Cette résistance au changement ne connaissant pas de variation selon qu’on habite l’espace rural ou urbain.

L’attachement à la commune qui est reconnue comme assurant aujourd’hui un maillage très fin et pertinent du territoire doit interpeller à l’heure de la mise en œuvre de la réforme territoriale qui organise une nouvelle montée en puissance de l’intercommunalité.

Avec seulement 12 % de Français favorables à la disparition des communes au profit d’entités plus larges et intercommunales, il existe un risque non négligeable d’une fracture territoriale qui fragiliserait le lien très fort exprimé par les Français sur le fonctionnement satisfaisant de la démocratie locale.

Toutes indications qui montrent très nettement que les recompositions à l’œuvre doivent être accompagnées d’un réel effort de pédagogie en direction des citoyens concernés.

 

Comment planter une réforme ou un projet ?

L’actualité du moment nous fournit un cas d’école sur ce sujet !
Et s’il ne m’appartient pas ici de commenter la réforme du travail, nécessaire à bien des égards, je ne peux manquer de m’interroger sur la manière dont le Gouvernement l’a engagée. De manière si brutale, si maladroite qu’on ne peut que se demander si, bien au-delà d’une erreur de communication de débutant, peu probable vu le nombre de communicants au mètre carré, ce n’est pas là, une stratégie en soi ? A quels desseins ? Cela n’est pas évident à percevoir !

Et si le sujet m’intéresse sur le champ de la communication, c’est bien parce que d’entrée de jeu, il cumule tous les symptômes et les syndromes vouant par avance un projet à l’échec absolu. Sens de la provocation, brutalité et autoritarisme, absence totale de pédagogie sérieuse… Toutes postures qui consacrent la relation dominants-dominés bien, analysée par Jean-Paul Delevoye, et que le citoyen ne supporte plus aujourd’hui.

A l’heure où les réseaux sociaux ont pris une place de choix dans le débat public et s’en sont emparés dès que le projet a été porté à connaissance, c’est complètement insensé à bien des égards.

Si aux sommets de l’Etat, ce genre de comportement prend des proportions considérables, notamment grâce à la formidable caisse de résonnance que sont devenus les réseaux sociaux avec le succès sans précédent d’une pétition digitale*, les collectivités locales et leurs élus ne doivent pas se considérer à l’abri de tels soubresauts. Il est clair que le plus petit des meilleurs projets sera désormais d’emblée battu en brèche si les conditions de son “acceptabilité” n’ont pas été réunies et donc sérieusement travaillées en amont.
Qu’on se le dise et surtout qu’on s’en convainque !

*cette pétition qui frise actuellement le million de signature restera à coup sûr dans les annales du genre !