Archives de catégorie : Point de vue

Défiances !

Les inquiétudes qui se manifestent et les débats qui ont surgi après l’incendie de l’usine Lubrizol à Rouen le 26 septembre dernier, probablement l’accident le plus sérieux depuis l’explosion de l’usine AZF en 2001 à Toulouse, sont tout à fait symptomatiques du niveau de défiance des habitants concernés et plus largement des citoyens envers les élus et les pouvoirs publics.

On ne peut que constater que la parole publique ne passe pas !
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D’un automne “gilets jaunes” au printemps des municipales de 2020…

Mon propos n’est pas d’analyser les causes et ressorts du mouvement des “gilets jaunes”, très hétérogène dans ses expressions et revendications. Mais plutôt d’esquisser quelques pistes de réflexions autour du malaise démocratique et de le mettre en perspective avec les prochaines élections municipales de mars 2020 sur lesquelles il pèsera à coup sûr.

Quoi qu’on en pense, on admettra que ce mouvement s’est joué sur fond de révolte populiste, se nourrissant du rejet des inégalités que produit un système social mais aussi de celui des élites et des politiques qu’elles mettent en œuvre, vécues comme déconnectées des réalités “d’en bas”.

Dans ce contexte, les ronds-points sont aussi devenus une agora où s’est nettement faite entendre une aspiration à davantage de démocratie et même exprimée, dans toutes ses ambiguïtés, la revendication d’une démocratie directe.

Mais là, rien de vraiment nouveau car cette insatisfaction profonde vis-à-vis du fonctionnement de la démocratie s’était déjà fortement exprimée dans les élections de 2017, présidentielle et législatives, concrétisée par l’abstention et le “dégagisme” que l’on a alors constaté.

18 mois plus tard, la revendication s’est faite plus forte. Sans doute parce qu’au-delà des discours, aucun signe de changement ne s’est encore concrétisé dans l’exercice des pratiques démocratiques. Mais aussi parce que le Président de la République a fait le choix d’une gouvernance politique fondée sur une verticalité absolue. Ce qui aura eu pour effet, néfaste me semble-t-il, de court-circuiter les corps intermédiaires. Lesquels ont, en démocratie, une fonction essentielle de médiation, notamment.

Choix de la verticalité d’autant plus inopérant qu’il n’est absolument plus en phase avec les réalités d’une société de plus en plus caractérisée par un fonctionnement dans l’horizontalité absolue compte tenu notamment de la place prépondérante des réseaux sociaux dans la communication, pour le meilleur et le pire. On vient de mesurer leur rôle et leur impact dans le mouvement des gilets jaunes.

A 15 mois des municipales de 2020, il semblerait bien hasardeux de ne pas tenir compte de ces considérations et de les balayer au motif qu’elles n’auraient visé que le pouvoir d’Etat. Cela pour au moins deux raisons.

D’abord parce que ces revendications sont nées et se sont exprimées sur les territoires et qu’une partie d’entre elles englobent les pouvoirs locaux qui détiennent une part des réponses en termes d’offres de services publics de proximité mais aussi de lutte contre les inégalités.

Ensuite parce que l’on ne doit pas ignorer que le degré de confiance dans les institutions locales et les élus locaux, dont le conseil municipal et le maire, s’est considérablement dégradé ces dernières années. Mesuré chaque année depuis 2009 par le CEVIPOF, le baromètre de la confiance politique traduit une très nette et soudaine détérioration :

Le niveau de confiance dans l’institution “conseil municipal” qui atteignait 66 % en 2009 s’établit à 53 % en 2017, en recul de 11 points par rapport à 2016. 

Le niveau de confiance dans la fonction de maire décroche de 9 points entre les années 2016 et 2017 pour s’établir à 55 % contre 64 % un an plus tôt.

Paramètres factuels qui interpellent tant ils montrent que la crise de la démocratie a aussi des racines locales. On peut donc raisonnablement envisager que les questions relatives à la démocratie et à la gouvernance locales seront au cœur des prochaines élections municipales. Qu’ainsi, les candidats seraient bien avisés de ne pas se satisfaire de mesures cosmétiques ou gadgets dont les programmes de mandature regorgent traditionnellement !  

Central, l’enjeu de la revitalisation démocratique appelle donc une réécriture complète du logiciel de la gouvernance locale. Ce qui nécessite temps, investissement et méthode rigoureuse.

De ce point de vue, même si on n’en connait pas encore les thématiques et les modalités, même si l’on peut douter sur son issue, l’ouverture prochaine du débat national annoncé par le Président de la République est une chance que les élus locaux doivent absolument saisir. 

A eux donc de s’y impliquer avec volontarisme en sachant y puiser tous les ingrédients utiles pour régénérer la démocratie locale qui en a grand besoin…

Beau challenge !                  

Démission de Nicolas Hulot : il y aura un avant et un après… Enfin, je l’espère…

Inattendue mais prévisible, dans son moment et sa forme, la démission de Nicolas Hulot n’est pas autre chose qu’un schisme politique comme la société en connait de temps en temps.
Bien au-delà des cénacles, quels qu’ils soient, je pense qu’elle marquera profondément la vie politique. Enfin, je l’espère…
Ne serait-ce que parce que le cadre et le contexte de cette décision auront constitué un moment d’authentique catharsis dans lequel, chose rare, la conviction sincère aura diablement supplanté le calcul politique tout autant que la stratégie de communication forgée, au micron près, par quelque communicants très inspirés !
Il en existe…
Que la sincérité s’impose au cynisme, me parait plutôt une bonne nouvelle.
Pas en termes politiques, ce qui n’est pas mon propos ici. Mais surtout en termes de communication. Car on est jamais aussi performant que lorsqu’on est sincère et porteur de convictions.
Et quoi qu’on pense de sa posture, force est de reconnaître que Nicolas Hulot a su trouver les mots justes pour dire sa sincérité. Son attitude, réfléchie, calme et posée, a incontestablement renforcé la puissance de ses propos.
Nicolas Hulot a dit ce qu’il avait sur le coeur, sans détours et avec un parler vrai rare qui devrait avoir une plus grande place dans les débats politiques.
A méditer…
Démission de Nicolas Hulot : il y aura un avant et un après.
Enfin, je l’espère !
En tout cas : respect !

Affaire d’Etat, affaire d’été ?

Comment qualifier “l’affaire Benalla” qui aura donc abondamment nourri les chroniques de cette seconde quinzaine du mois de juillet ?

Loin de moi, l’idée de proposer une quelconque clé de lecture sur ce point sujet à caution…

Juste envie de souligner une nouvelle fois, l’impact des réseaux sociaux dans la diffusion d’informations étayées d’images captées par des anonymes depuis leur smartphone, diffusées en boucles d’abord sur les réseaux sociaux puis sur les sites de presse et chaînes de télévision dans des formats plus ou moins contextualisés.

A ce stade, la seule conclusion qu’on puisse tirer, c’est que les stratégies de déni, de minimisation, voire de dissimulation, coûtent très, très cher aux instances mises en cause !

Pour le meilleur ou le pire, il faut admettre qu’à l’heure de la prédominance, voire de la toute puissance des réseaux sociaux, du sommet de l’Etat à la plus petite commune, aucun dispositif de communication ne doit faire l’impasse sur cette question qui doit être absolument maîtrisée de bout en bout.

Le monde change…

25 mai : le RGPD entre en vigueur !

Vendredi 25 mai, le règlement général sur la protection des données entre en vigueur.
Il clarifie et renforce les droits des internautes sur l’utilisation de leurs données personnelles.
S’il confirme de nombreuses dispositions déjà en vigueur mais dans les faits, peu ou mal appliquées, il accroit notablement le poids des sanctions qui peuvent être infligées.
L’occasion de faire le point sur vos pratiques.
Pour vous éclairer, je soumets à votre lecture cette note très (trop ?) synthétique.
Bonne lecture !

Conseils avisés de Françoise Giroud aux plumitifs… 

La trêve de fin d’année m’a donné l’occasion de me replonger dans l’excellent bouquin de Françoise Giroud “profession journaliste”. Il me plait de partager ces quelques lignes que j’aime beaucoup :

“L’écriture ne s’apprend pas, donc ne s’enseigne pas. C’est une disposition naturelle. Comme pour le piano, on a le don ou on ne l’a pas. Si on l’a, il faut travailler dur. Savoir qu’un adverbe est presque toujours superflu, un « qui » ou un « que » par phrase le maximum autorisé. Il faut écrire avec l’oreille, comme le faisait Flaubert, pour éviter les assonances et les hiatus. Respecter la musique personnelle de chacun, cette qualité si rare. J’avais édicté un certain nombre de règles simples.
Numéro 1 : inutile d’avoir du talent à la cinquième ligne si le lecteur vous a lâché à la quatrième.
Numéro 2 : si on peut couper 10 lignes dans un article sans enlever une idée, c’est qu’elles étaient en trop.
Numéro 3 : jamais de point d’interrogation dans un titre, cette vilaine manie de la presse française. Un journal est là pour répondre aux questions des lecteurs, non pour en poser.
Numéro 4 : par contre placer un verbe dans le titre, le renforce.
Numéro 5 : suivre le conseil de Paul Valéry : de deux mots, choisir le moindre. Et le moindre ne signifie pas le plus mou, le plus plat mais qui a… comment dire… la taille la plus fine.
Ne pas oublier que l’écriture est comme la danse, il ne faut jamais arrêter les exercices à la barre. Après une interruption un peu prolongée, la reprise est dure. (…)”

Ces conseils de la fondatrice de l’Express restent d’une grande pertinence.
A user sans modération, encore et toujours.

Débuter sur Twitter…

Twitter est l’un des incontournables sur les réseaux sociaux ! A titre individuel comme pour une institution.
A titre d’exemple la TAG, exploitant du réseau de transports en commun de l’agglomération grenobloise l’a adopté comme outil d’information sur l’état du trafic : incidents, retards, événements… A l’image de cet exemple, les collectivités peuvent y gagner beaucoup en qualité et réactivité d’informations des habitants pour des usages. De la coupure d’eau aux travaux qui condamnent la circulation dans telles ou telles rues, etc.
Twitter vient d’éditer un guide, bien fait, pour accompagner ceux qui le souhaitent à faire leurs premiers pas sur ce réseau.

Le live, une nouvelle manière de communiquer !

A l’évidence, l’avènement d’Emmanuel Macron à la présidence de la République est marquée par quelques notables évolutions sur le champ de la communication. Ainsi, depuis quelques semaines on assiste au développement d’une communication totalement hors média classiques, qui privilégie les réseaux sociaux et tout particulièrement la nouvelle fonctionnalité “live” de Facebook.

Ainsi, à au moins deux reprises, nous avons pu suivre en direct le Président visitant les services de l’Elysée : le standard et les archives.

Communication minimaliste sur un plan technique avec des images très probablement tournées avec un smartphone mais très efficaces par l’impact qu’elles ont si l’on considère le nombre de vues en direct, sans compter les visionnages a posteriori.

Une fonctionnalité très intéressante que n’importe qui peut donc utiliser, notamment sur le champ de la communication municipale : réunion publique, conseil municipaux et plus généralement temps forts de la vie locale..

Photos de campagne…


Il y a 5 ans, au fil d’une série de billets, je m’étais modestement essayé à une analyse sémiologique des affiches des différents candidats à l’élection présidentielle de 2012. Exercice sans aucun intérêt pour celle-ci, tant les 11 affiches ne racontent strictement rien. Elles ne sont qu’une succession de portraits en plans serrés sans aucune mise en scène particulière. Tout juste parfois un léger fond avec un paysage, un ciel neutre ou une dominante de rouge pour Philippe Poutou.

Sans doute la traduction d’une campagne très morne mais surtout la confirmation que l’affiche électorale est un instrument de propagande relégué au rayon des accessoires, supplantée qu’elle est par l’incontestable par dominante qu’ont pris les réseaux sociaux. De ce point de vue, la palme revient sans conteste à Jean-Luc Mélenchon qui aura pousser fortement leurs usages et fait preuve d’une réelle créativité en la matière. Pour ceux qui sont intéressés par cette question, je recommande le numéro de “Déshabillons-les”, l’excellente émission de décryptage des médias d’Hélène Risser sur Public Sénat sur le thème “moi, candidat youtubeur”. A voir ici.