Déchets : accepter de communiquer sans évidences !

Une mission de conseil que je réalise actuellement m’a conduit à beaucoup lire, observer et analyser sur le champ très particulier et complexe de la communication sur l’incitation au tri des déchets. Premier constat, rarement sujet d’intérêt général a suscité une telle abondance de communication. Depuis une vingtaine d’années, à peu près tous les registres de messages et d’images ont été utilisés et déployés sur à peu près tous les canaux par un nombre d’émetteurs incalculable ! Mais pour quelle efficacité ?

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A l’analyse, deux postures de communication se dégagent sur cette incontournable problématique de société que sont les déchets en tous genres. La première repose sur une vision prométhéenne. Le progrès et l’innovation dans les procédés techniques conjugués à des comportements de plus en plus vertueux conduiront nécessairement à apporter des améliorations significatives bénéficiant à la société toute entière. La seconde est d’essence normative. C’est par la règle, donc quelque part, la contrainte, que l’on obtiendra des inflexions significatives en termes de comportements face aux déchets. Ces normes revêtant diverses formes : réglementaire (restrictions) ; financières (TEOM vs REOM, taxes diverses) ; d’usages (suppression de la collecte en porte-à-porte et instauration de points d’apport volontaire, consignes de tri) ; éthiques et/ou morales (appel à “l’écocitoyenneté”) ; etc. (suite…)

Acceptabilité de la décision publique…

concertationAu-delà du drame humain – dont on se serait bien passé – que constitue la mort de Rémi Fraisse, jeune manifestant, la contestation qui s’est cristallisée autour du projet de construction du barrage de Sivens dans le Tarn pose une nouvelle fois la question de l’acceptabilité de la décision publique.

Après l’aéroport de Notre-Dame des Landes et probablement avant que l’opposition au projet du Center Park de Roybon, près d’ici, ne se durcisse, il est plus que temps que cette question soit enfin sérieusement prise en compte, y compris à l’échelon de la commune et de l’intercommunalité pour les projets d’intérêt local, même les plus anodins.

Certes il existe des procédures de concertation institutionnelle à l’image de l’enquête publique pour des projets d’ampleur significative. Mais force est de constater que dans la société d’aujourd’hui elles sont loin d’être satisfaisantes, faute de répondre aux attentes citoyennes qui s’expriment avec de plus en plus de force, quelle que soit l’ampleur du projet.

Comme l’a souligné Jean Viard, sociologue, la capacité d’expertise du citoyen a considérablement progressé. L’élévation du niveau de formation et la révolution numérique ont considérablement modifié le contexte du débat démocratique au point que le savoir n’est plus obligatoirement du côté du pouvoir. Sans compter que dans une société devenue de plus complexe, l’idée qu’une seule vérité existe, n’a plus réellement cours !
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Un petit clip pour un grand flop !

Saint-Marcellin propretéSoit, à l’origine une belle et noble intention : celle d’inciter les habitants à mieux trier, mieux valoriser et moins jeter…
Ce qui justifie la mise en place à l’échelle des trois communautés de communes constituant le Pays du Sud Grésivaudan*, d’un nouveau mode de collecte des ordures ménagères en points d’apport volontaire, conséquence de la mise en place de la redevance incitative…

Soit, un édile, Jean-Michel Revol, maire de Saint-Marcellin, confronté depuis de long mois à une situation critique suite à des dysfonctionnements chroniques sur lesquels il n’a aucune prise directe…
Soit, une population Saint-Marcellinoise exaspérée par les contraintes qu’impose ce nouveau mode de collecte mais aussi par les dysfonctionnements chroniques du dispositif… Qui exprime aussi sa non acceptation de l’usage d’un badge sans lequel on ne peut accéder au conteneur à ordures et dont ils ont aussi l’impression qu’il sert à les pister…
Soit, une organisation institutionnelle pas très lisible et compréhensible par le commun des mortels… Jugez-en plutôt : les communes ont transféré la compétence déchets à la communauté de communes qui l’a elle-même déléguée à un syndicat mixte  en charge de la collecte et du traitement des déchets. Et encore, je simplifie à l’extrême un schéma organisationnel qui est en réalité beaucoup plus complexe…
Soit, trois communautés de communes, chacune d’elles décidant du tarif qu’elle applique et des modalités de facturation, bien entendu différentes d’une communauté à l’autre…
Soit encore, des incohérences juridiques à l’échelon de l’Etat qui pimentent la situation. Passer à une tarification de type redevance incitative que promeut l’une des lois “Grenelle Environnement”, nécessite de pouvoir quantifier les volumes de dépôts (d’ou le badge) et donc signe la fin du passage du camion poubelle à domicile alors que le code général des collectivités territoriales fait de la collecte hebdomadaire des ordures ménagères en porte à porte une obligation dans les zones agglomérées de plus de 500 habitants permanents. Bon, allez comprendre…
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Aqualline.fr est en ligne !

Premier acte tangible de ma rentrée professionnelle, la mise en ligne le 4 septembre du site internet www.aqualline.fr. Développé depuis le printemps dernier, l’équipe projet qui a associé Triagoz, Izagraph, 6tematik et moi-même, l’a peauffiné tout l’été pour assurer l’optimisation de cette première version à laquelle succèdera dans quelques semaines Lire la suite…

Presse territoriale : miser sur le “pluri-média” !

Cette expression “jargonneuse”, révèle en fait une observation simple que m’enseigne ma pratique quotidienne de la presse des collectivités territoriales : un positionnement éditorial pertinent doit aujourd’hui miser sur la complémentarité entre les média classiques (presse) et les nouveaux qui ont pour support, l’univers diffus, d’internet.

Pas plus que la télé n’a tué la radio qui ne s’est jamais portée aussi bien qu’aujourd’hui, jamais le net ne viendra à bout des traditionnels supports de communication “print” qui resteront, longtemps encore des canaux de communication porteurs, à ne pas négliger !

Loin de se neutraliser et encore moins de s’opposer, ces média se complètent par leurs spécificités respectives. Une approche rationnelle et efficace, nécessite donc aujourd’hui d’organiser et gérer cette complémentarité. Au média “print” d’apporter une information “froide” et distanciée, qui peut donc être approfondie et fouillée. Aux média numériques de délivrer une information “chaude”, rapide et collant à l’actualité, donc nécessairement de nature plus factuelle. (suite…)