Thème : Coup de gueule

Les charmes de la commande publique…

A la mi-juillet, au tout début du creux de l’été et à quelques encablures de mes vacances, les sites de veille sur les marchés publics continuent de m’adresser des alertes. Dans leurs flux incessants je repère un appel d’offres relatif à un besoin de communication sur les déchets dans une région du sud-ouest qui m’est particulièrement chère…

Je télécharge le dossier de consultation des entreprises. Je l’évalue solide et pertinent et considère qu’au regard des compétences acquises sur cette problématique, j’ai quelque expérience et propositions à faire valoir…

La date limite de remise de l’offre est fixée au 12 août à 12 h, au milieu du creux de l’été…
Qu’importe le temps des vacances… Je m’organiserai pour me donner les moyens d’y répondre… J’intègre la contrainte dans mon programme de vacances et m’organise pour repasser par Grenoble au milieu de mon périple pour travailler sur une offre…

Poids des mots contre choc des photos conjugués à l’hyprocrisie absolue…

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Tout cet été, alors que nous divaguions à nos douces occupations estivales, les média, pleinement dans leur mission, n’ont cessé de nous informer jour après jour, dans une quasi indifférence générale, du drame de ces “boat people” d’un nouveau genre qui tentent de fuir leur horreur jusqu’à atteindre la mort qui leur est de toute façon promise.

Et voilà qu’aujourd’hui nos bonnes consciences sont heurtées par ces images de ce petit gamin inerte, échoué, face à terre, sur une plage turque. Une de celles où nous, européens, affectionnons d’aller nous prélasser…
Il y a 30 ans, nous avons eu droit à ces images insupportables de cette gamine colombienne que ne nous avons vu crever sous nos yeux, dans une quasi indifférence ou impuissance générale. Aujourd’hui ce sont celles de ce petit corps sans vie, échoué sur une plage turque, qu’on nous balance. Juste un enfant syrien, mais peut importe sa nationalité, de 3 ou 4 ans, qui avec sa famille, fuyait la guerre.
Et voilà que ces images toutes aussi insupportables que d’autres, car porteuses d’une inhumaine horreur, la même qu’il y a 30 ans, finissent enfin par nous interpeller. Dans notre pathos ou dans nos consciences ?
Faudrait-il se résigner à ce que la force d’images abominables, soit l’unique moteur d’un soupçon d’éveil de nos consciences ?
J’espère que NON ! Mais je vous avouerais que je doute fortement.
Suis-je loin des problématiques de communication que j’ai choisi de traiter ici, sur ce blog ? Non, tout au contraire, je crois que mon propos se situe en leur cœur. Si tant est que toute action politique appelle le courage de réagir et surtout d’agir.
Ce qui devient de plus en rare, quelle que soit l’échelle à laquelle on se situe…
Et ce n’est pas la diffusion de quelques photos aussi poignantes soient-elles qui y changera quoi que ce soit !

Postures de communication ?

J’ai suivi avec intérêt la séquence des primaires à Marseille qui vient de s’achever…
D’abord parce que cette ville à nulle autre pareil m’a toujours fascinée.
Ville pont entre plusieurs rives de la Méditerranée, point de rencontres entre plusieurs mondes
Ville dont quelques bons amis m’ont aussi donné à voir de surprenantes facettes… Plongées qui n’auront pas manqué d’entretenir ma curiosité, voire ma fascination…
Ville qui, dans la perspective des prochaines élections municipales vient, à gauche, de s’offrir une primaire dont la caractéristique majeure aura été la violence qui en aura surpris plus d’un…

Violences verbales – et peut être davantage, ce que je ne peux mesurer d’ici – bien surprenantes entre gens d’une même sensibilité et d’un même parti politique. Et donc, violences verbales dictées par de simples postures de communication dans l’unique objectif de la part de certains postulants, et surtout postulantes, de gagner des voix à tous coups…

Postures de communication, donc…
D’une certaine façon, réincarnation médiatique des jeux du cirque. A tel point qu’un imitateur, coutumier du fait, s’est même essayé à les piéger en se faisant passer pour d’autres. Manœuvre soit disant humoristique qui a un petit côté pathétique…

Dans tout ça, je ne suis pas certain que la politique, la communication et au bout du bout, la démocratie en sortent grandies !

Communication en période électorale : deux drôles d’idées !

Idée copieA la lecture de certaines listes de diffusion sur lesquelles s’expriment nombre de “dircom” et chargés de com de collectivités, face aux angoisses existentielles identifiées, je suggère un traitement de choc !

  • “Nous, on supprime l’expression de la majorité mais on maintient celle de l’opposition dans le journal municipal jusqu’aux élections, écrit l’un !
    Mais au nom de quelle règle de droit ? Aucune ne l’impose ! Vous pouvez donc sans aucun souci maintenir l’expression des groupes politiques dans les conditions définies par le règlement intérieur du Conseil municipal !
    Et pourquoi ne pas suspendre illico la publication du journal municipal et fermer votre site internet ? Ce serait plus sûr !

Ca-hu-zac : ô rage, ô désespoir…

Il n’a jamais été dans mes habitudes de commenter l’actualité chaude.

Mais j’avoue que, ce soir, à la lumière du pathétique et très provisoire dénouement de l’affaire Cahuzac après “l’aveu” du jour qui tinte à nos oreilles de façon insupportable, il m’est difficile de garder le silence face au séisme – et je pèse le mot – qui secoue une République qu’on nous a promis “irréprochable” et qui semble effectivement le devenir comme en témoigne ce cas d’espèce ! A l’évidence, ce qui doit être irréprochable, c’est bien l’institution, car les hommes, c’est manifestement plus problématique…

Réseaux sociaux : le “panurgisme” a-t-il un avenir ?

Et voilà que maintenant, nos boîtes mails reçoivent de temps à autres des messages surprenants nous proposant de “booster” notre notoriété sur les réseaux sociaux en achetant des “fans” des “j’aime” et des “twits” !

Acheter des “fans” et des ”twits” ?
Oui c’est possible, la preuve :

“Imaginez un petit éleveur de chat dans le Gers ou un fabricant d’alambic à Dunkerque qui pourrait avoir sur sa page plus de « like » que vous !” m’interpelle celui qui me prend pour un pigeon en me proposant d’acheter mon lot de fans.
Ben oui, c’est simple : “tapez l’adresse de votre fan page, de votre site ou de votre compte Twitter puis choisissez votre mode de paiement (…). Surveillez votre site, en 2 jours tout va changer…”, me raconte t-il achevant de me convaincre avec cet argument imparable : “incitez vos visiteurs à faire comme tout le monde”. Et pour plus de commodités, l’offre est packagée, bien sûr !

Le “panurgisme” aurait-il un avenir sur les réseaux sociaux ? Je ne sais pas. Mais la “connerie” assurément !
Mon conseil : avant d’y aller, attendez au moins les promos sur l’arnaque !

 

Hors jeu, monsieur Apathie !

La très pathétique affaire des handballeurs Montpelliérains qui a défrayé la chronique au début du mois avant d’être engloutie dans le flot incessant d’actualités a inspiré une chronique toute aussi pathétique à Jean-Michel Apathie.

Sur les ondes de RTL on l’a entendu fustiger l’attitude des joueurs, gardés à vue, qui ont fait le choix du silence. “C’est un peu embêtant comme attitude. Le silence en garde à vue, ce sont des gens en général qui méprisent les institutions, la police, la République (…). Alors voir des joueurs de handball devenus des héros nationaux depuis leur titre olympique, (…) adopter cette stratégie de défense, c’est-à-dire, en gros, “je vous emmerde”, c’est quand même assez terrible. Ça dit bien à sa manière une dégradation de l’esprit civique…” a t-il notamment affirmé.

Ce qui est terrible pour le coup, c’est l’analyse “ras la moquette” – pour ne pas faire insulte aux paquerettes – et la double faute commise par ce chroniqueur, vedette du PAF*, un tantinet cabotin !
La première est journalistique.
Dans l’art difficile de la chronique qui est d’éclairer le lecteur ou l’auditeur à un travers un prisme d’analyse qui laisse cours au point de vue personnel, c’est une faute que de ratiociner des propos moralisateurs, fleurant l’amalgame à outrance !
La seconde est juridique.
Point n’est besoin d’avoir fait de longues études de droit pour savoir que garder le silence en garde à vue est un des droits les plus élémentaires de tout gardé à vue, comme l’a excellement rappelé Maître Eolas dans ce post sur son blog.

On vous a connu plus rigoureux et surtout mieux inspiré, Jean-Michel Apathie !
Signe supplémentaire de la dégradation de l’esprit civique ?

* PAF : paysage audiovisuel français

Dérèglement médiatique ?

Cette récente série de 7 crimes qui d’évidence ont frappé d’innocentes victimes à raison, manifestement, de leurs confessions religieuses est odieuse, monstrueuse, inqualifiable, insupportable… Dans ces moments, les mots sont assurément vidés de sens !
Est-elle le fruit de l’acte isolé d’un dément, d’une conspiration terroriste ? A cette heure nous ne le savons pas ! Seule une chose est certaine : la folie humaine a été à l’œuvre !

Depuis, nous sommes soumis de toute part à un déferlement médiatique insupportable de vacuité alors qu’au fond, il n’y a aucune information tangible à diffuser et simplement des hypothèses, des conjectures à proposer en une boucle infernale, dans l’attente d’un dénouement espéré, qui tarde effectivement…

Il y a plusieurs mois, dans une toute autre circonstance, infiniment moins dramatique, je pointais ici les dangers de “l’hypercommunication”. Travers qui suscite la plus abominable des réactions humaines que je connaisse : la compassion. Laquelle se nourrit de tout notre pathos…
Pour ma part, face à ce drame, j’ai envie et besoin de silence, tant les faits dépassent les bornes d’une humaine compréhension des “choses de la vie”…
Au fond, face à cet indiscible, la réalité des faits importe peu. A mes yeux dans le moment, seule compte la nécessité de vérifier une fois de plus que les valeurs qui fondent notre règle suprême du “vivre ensemble”, seront plus fortes que toute autre considération. Et cela appelle au silence et à une humble réflexion intérieure.

Communiquer, c’est aussi savoir se taire quand il le faut !
Dans sa très grande dureté, le moment présent semble nous y inviter.