Régionales et départementales 2021 : vers un déni de démocratie ?   

Au terme d’une très improbable séquence dans laquelle l’improvisation semble avoir été de mise une fois de plus, le Premier ministre a donc annoncé le maintien des élections régionales et départementales au mois de juin tout en les décalant d’une semaine pour, soi disant, prendre en compte les réalités sanitaires. C’est juste pathétique !

De mon point de vue, sur l’échiquier politique, seul le MoDem a défendu haut et clair une position pertinente et cohérente, appelant à un report des élections à l’automne. Juste du bon sens !

La tenue de ces élections dans le contexte que nous connaissons m’apparaît comme double un déni : celui de la réalité de la situation sanitaire qui conduit à un déni de démocratie.
Après l’improbable épisode des élections municipales de 2020, les choix faits pour cette double élection montrent qu’elles ne sont plus qu’une question de sélection de candidats dans un processus démocratique réduit à sa plus simple expression à travers l’organisation d’un vote.

Il se confirme donc que dans l’esprit des pouvoirs publics, l’élection est considérée comme une simple opération technique de désignation d’élus et non comme un processus ayant vocation à incarner la démocratie avec des exigences fortes, rythmées en particulier par le débat d’idées, la confrontation des projets et l’échange avec les citoyens.

Toutes considérations qui auraient, a minima, du conduire à adapter le droit électoral, notamment dans les modalités de campagne et de vote (vote par correspondance, vote par anticipation…). Ce que de très nombreux pays, européens en particulier, qui ont maintenu leurs processus électoraux malgré la pandémie, ont mis en œuvre : Lituanie, Portugal, Espagne, Pays-Bas, Royaume-Uni, Norvège… Les quelques mesurettes annoncées n’y changeront strictement rien.

Dans un contexte de défiance envers “le” politique (institutions et élus), de baisse de la participation électorale, d’effacement des idées et projets, ces élections marquées par l’impossibilité de faire campagne, vont souffrir de sérieuses lacunes démocratiques qui entraîneront à nouveau une très forte abstention qui, n’en doutons pas, sera encore plus élevée que lors des dernières élections municipales ! Entamant aussi la légitimité des instances élues…

Tout cela aboutissant in fine à un nouvel affaiblissement de la démocratie auquel la communication, aussi pertinente soit-elle, ne pourra être d’aucun secours et pas même un soupçon d’antidote. Mais nul doute qu’elle aura bon dos !

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