L’enjeu de la participation des habitants

Les citoyens expriment de plus en plus fortement leur demande de participation à la décision publique. Ils souhaitent, attendent et même parfois exigent d’être plus souvent consultés, associés, écoutés et pris en compte dans les processus de décision. De la réponse à ces attentes dépend très largement aujourd’hui les conditions de “l’acceptabilité de la décision publique”.

Il est intéressant de mettre en parallèle cette aspiration, souvent protéiforme, avec le jugement que porte les citoyens sur le fonctionnement de la démocratie et la méfiance ou la défiance qu’ils manifestent à l’égard des institutions et des acteurs politiques. Sans en tirer la moindre conclusion, il y a là une attitude paradoxale qui ne manque pas d’interpeller et doit pousser à l’approfondissement du sujet.

Ressentiments qui expliquent d’ailleurs pour une part non négligeable la désaffection record que les citoyens ont exprimé à travers l’abstention qui a été particulièrement forte lors des dernières élections municipales…
Attitudes qui éclairent également l’hécatombe dont ont été victimes, à l’occasion de cette séquence électorale, de très nombreux maires sortants dont le bilan était pourtant très séduisant. Comme si se prévaloir d’une bonne gestion municipale ne suffisait plus à emporter l’adhésion. Ne serions-nous pas entrés dans une ère nouvelle dans laquelle la légitimité de l’élu ne procède plus que très peu de l’élection, se construisant désormais davantage, jour après jour, au fil de l’action à travers des modalités de gouvernance, des manières d’être et des attitudes vis-à-vis du citoyen-électeur ? Je le crois et cela me paraît sain.

Autant d’observations et réflexions qui posent clairement la question de l’enjeu de la participation des habitants dans la conduite de l’action publique. Si dans l’ensemble les élus locaux l’ont saisi, au moins en partie, s’efforçant tant bien que mal de la mettre en œuvre, il n’est pas du tout certain que les modalités et la finalité soit adaptées, pertinentes et encore moins efficaces.
Car en cette matière comme en tant d’autres, la bonne volonté n’est pas la meilleure conseillère, bien loin de là. Se contenter de donner la parole est une chose. Comment et pourquoi faire en est une autre, bien plus déterminante. Cela ne s’improvise pas.
L’Etat l’a d’ailleurs parfaitement compris et intégré dans son action sur les grands projets d’infrastructure. C’est pour cela qu’à l’initiative de Michel Barnier puis de Dominique Voynet, alors ministres de l’environnement, il a créé la Commission nationale du débat public (CNDP), autorité administrative indépendante, dont la mission est d’informer les citoyens et de faire en sorte que leur point de vue soit pris en compte dans le processus de décision. Cette instance a organisé, les 16 et 17 juin derniers, un colloque fort intéressant sur le thème : « Le citoyen et la décision publique. Enjeux de légitimité et d’efficacité ».
Dans ce cadre elle a fait réaliser un sondage dont les résultats sont très intéressants et significatifs tout en donnant la parole à un certain nombre d’acteurs. En attendant de vous livrer dans le courant de l’été, sous une forme ou une autre, quelques considérations d’ordre stratégique et méthodologique, sur le sujet, je vous propose d’écouter notamment le propos très bien senti de Jean-Paul Delevoye, Président du Conseil économique, social et environnemental.

 Je vous souhaite un bel été.

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