Elections 2017 : une abstention record mais surtout un vote de plus en plus intermittent fondé sur des clivages sociaux forts

L’INSEE a livré en octobre dernier une étude fouillée sur l’abstention lors des élections présidentielles et législatives du printemps 2017. Si elle a alors atteint un niveau record, l’analyse de l’INSEE livre des résultats éclairants qui montrent qu’il faut parler d’absentions, au pluriel, et non de l’abstention, tant les comportements abstentionnistes sont hétérogènes. Sans compter que le lieu de résidence a également une incidence : l’abstention systématique est nettement plus élevée dans les DOM qu’en métropole, plus forte à l’est qu’à l’ouest de l’hexagone ! Tout cela dessine un paysage électoral atypique comme le souligne les auteurs de l’étude.

Un taux d’inscription sur les listes électorales élevé, autour de 90 % et 9 inscrits sur 10 qui ont voté au moins à l’un des 4 tours de scrutin sont des indicateurs qui montrent qu’il n’y a pas de réelle désaffection pour la vie politique. Bien sûr l’élection présidentielle a davantage mobilisé que l’élection législative.

En regardant de plus près on constate que seuls quatre inscrits sur dix ont participé à tous les tours des élections contre cinq sur dix aux élections de 2002, 2007 et 2012. De moins en moins d’inscrits votent donc systématiquement (cf.infographie ci-dessous). Ce recul du vote systématique concerne toutes les tranches d’âge*, toutes les catégories sociales, tous les niveaux de diplômes. Il se confirme aussi que la proportion d’inscrits ne votant qu’à la présidentielle : 21 % d’entre eux n’ont voté qu’aux deux tours de la présidentielle en 2017 contre 9 % en 2002 !

Ceux qui se sont abstenus systématiquement aux élections de 2017 sont plus souvent jeunes (moins de 30 ans) ou âgés (80 ans ou plus). Ils sont aussi sans diplôme, ont un niveau de vie plus faible et sont pour la plupart inactifs mais non retraités, ou ouvriers. Ces chiffres sont corroborés par l’étude sur l’établissement des procurations demandées surtout pour la présidentielle, par des jeunes, des diplômés, et des personnes aisées.

Les votes de 2017 confirment donc l’amplification d’une fracture électorale qui, de plus en plus, tient à distance des élections, les plus défavorisés.

Cette sociologie électorale est donc riche d’enseignements, tout particulièrement pour les élections municipales qui s’annoncent dans à peine plus de deux ans ! Elle témoigne de l’ampleur des efforts à faire pour tenter d’intéresser et donc de mobiliser cette fraction de plus en plus conséquente du corps électoral. S’il faut réfléchir au contenu d’une offre programmatique susceptible de les inclure, il faut également déployer une communication qui leur soit accessible et qui leur parle. Il reste deux ans, donc absolument rien de trop. Car il n’est de bonne communication que celle qui s’inscrit dans la durée !

* Moins de deux jeunes inscrits sur 10 ont voté à tous les tours des élections de 2017.

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *