Défiances !

Les inquiétudes qui se manifestent et les débats qui ont surgi après l’incendie de l’usine Lubrizol à Rouen le 26 septembre dernier, probablement l’accident le plus sérieux depuis l’explosion de l’usine AZF en 2001 à Toulouse, sont tout à fait symptomatiques du niveau de défiance des habitants concernés et plus largement des citoyens envers les élus et les pouvoirs publics.

On ne peut que constater que la parole publique ne passe pas !
C’est bien sûr la conséquence de la perte de crédit de cette parole qui se heurte aux murs de la défiance.
C’est aussi la marque d’une sensibilité accrue aux problématiques environnementales et de santé publique qui plonge ses racines au temps de Tchernobyl et des nuages qui ne franchissaient pas les frontières…
C’est enfin, le résultat d’une erreur de communication de la part des pouvoirs publics qui se sont voulus d’emblée très rassurants alors que les panaches de fumées qui s’élevaient dans le ciel Rouennais ne donnaient absolument aucune raison de l’être ! Il y a en effet de quoi être légitimement inquiet en considérant les 5 000 tonnes de produits chimiques qui ont brûlé, les substances en suspension dans l’air et dans l’eau et les possibles potentiels effets “cocktails”…

Ce registre de communication a incontestablement nourri l’incrédulité et renforcé la défiance. Cela est d’autant moins surprenant que le citoyen de 2019 est infiniment plus avisé sur le risque, disposant d’une multitude de sources d’information sérieuses tout en négligeant pas les torrents “d’info” qui circulent et hystérisent le sujet. Qu’enfin, la sensibilité environnementale du citoyen s’est fortement développée et a mûri. De nombreux acteurs s’employant à faire progresser la prise conscience.

Tout cela laisse une marge quasiment nulle en termes de communication. Laquelle appelle a minima à l’absolue transparence et exhaustivité de l’information fournie. Condition absolument nécessaire mais sans doute pas suffisante.

Comme si, dans des circonstances de ce type, il fallait absolument que la communication s’efface devant le devoir d’information.

Nous verrons dans les prochaines semaines si l’obstacle peut être surmonté.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.