Conseils avisés de Françoise Giroud aux plumitifs… 

La trêve de fin d’année m’a donné l’occasion de me replonger dans l’excellent bouquin de Françoise Giroud “profession journaliste”. Il me plait de partager ces quelques lignes que j’aime beaucoup :

“L’écriture ne s’apprend pas, donc ne s’enseigne pas. C’est une disposition naturelle. Comme pour le piano, on a le don ou on ne l’a pas. Si on l’a, il faut travailler dur. Savoir qu’un adverbe est presque toujours superflu, un « qui » ou un « que » par phrase le maximum autorisé. Il faut écrire avec l’oreille, comme le faisait Flaubert, pour éviter les assonances et les hiatus. Respecter la musique personnelle de chacun, cette qualité si rare. J’avais édicté un certain nombre de règles simples.
Numéro 1 : inutile d’avoir du talent à la cinquième ligne si le lecteur vous a lâché à la quatrième.
Numéro 2 : si on peut couper 10 lignes dans un article sans enlever une idée, c’est qu’elles étaient en trop.
Numéro 3 : jamais de point d’interrogation dans un titre, cette vilaine manie de la presse française. Un journal est là pour répondre aux questions des lecteurs, non pour en poser.
Numéro 4 : par contre placer un verbe dans le titre, le renforce.
Numéro 5 : suivre le conseil de Paul Valéry : de deux mots, choisir le moindre. Et le moindre ne signifie pas le plus mou, le plus plat mais qui a… comment dire… la taille la plus fine.
Ne pas oublier que l’écriture est comme la danse, il ne faut jamais arrêter les exercices à la barre. Après une interruption un peu prolongée, la reprise est dure. (…)”

Ces conseils de la fondatrice de l’Express restent d’une grande pertinence.
A user sans modération, encore et toujours.

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