Communiquer par gros temps, dans le confinement…

La force et l’ampleur de la crise sanitaire que nous traversons ont globalement montré, à quelques notoires exceptions près, que les collectivités territoriales étaient mal outillées et bien mal préparées à communiquer en situation exceptionnelle. Nous aurons l’occasion de revenir sur ce sujet lorsque nous serons sortis du “dur” !

Ce que je souhaite souligner dans le moment où nous nous trouvons, c’est l’importance de la communication locale qui n’a rien – et moins que jamais – une fonction supplétive. Bien sûr, la parole est à l’action sanitaire qui impose de relayer des ordres venus d’en haut, non susceptibles de la moindre contestation, mais pas seulement.

Il y a bien sûr nécessité de communiquer sur les dispositions locales. Mais surtout, il y a cette incontournable obligation d’expliquer, d’accompagner, de débusquer les infox qui ne manquent pas dans ce temps ou les citoyens sont aussi des émetteurs compulsifs, ce qui suppose de donner sans cesse des repères dans cette avalanche continue d’informations venues de toute part. Enfin, il est fondamental d’aider et de contribuer à la mise en lien des habitants de nos communes. Car, oui, dans cette crise improbable, nous sommes en train de vérifier que la communication publique a toute son utilité pour préserver le lien social et lutter contre l’isolement.

Dans ce contexte, il n’y a bien sûr aucune place pour le bavardage, les paroles superflues, les circonvolutions. Pour être audible, la parole doit être simple. Plus que jamais les messages doivent être terriblement travaillés et finement ciselés. Il faut savoir lutter contre le bruit ambiant qui dans le silence de nos villes et villages résonne fort. Il faut aussi maîtriser la rareté de la parole dont il ne faut surtout pas hésiter à user, tant l’on mesure dans la crise que la non-communication est en soi, un acte de communication.

Alors, dans ces temps troublés, fréquemment on se réfère à De Gaulle ou Churchill qui, en d’autres temps, ont fait la preuve de leur maîtrise de la communication dans le tempo, le ton et les formules. Comme on scrute du côté des militaires dont on sait qu’ils sont de bons communicants. Moins sur le registre de l’autoritarisme que par leurs capacités à mobiliser efficacement les bons outils, au bon moment et au bon endroit. Ce n’est d’ailleurs peut-être pas tout à fait fortuit si militaires et communicants ont un vocabulaire en commun : cibles, stratégie, campagnes…

Reste que les collectivités qui ne s’étaient pas encore attelées à la mutation de leur communication en intégrant la palette des outils digitaux dans une architecture multicanal sont aujourd’hui à la peine.

Oui cette crise agit comme un révélateur sur l’absolue nécessité d’inventer une nouvelle relation à l’usager et au territoire. Un challenge de plus…

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