Commerce de proximité : le changement c’est maintenant !

Si nous sommes encore loin du bout de cette interminable crise sanitaire, nous savons déjà qu’elle a engendré des ruptures ou des évolutions de fond, notamment dans les modes de consommation.

Les deux confinements ont donné un formidable coup d’accélérateur au commerce en ligne dont il faut bien admettre qu’il a d’abord et surtout profité aux mastodontes (1). Pour autant, faut-il y voir la mort prochaine du commerce de proximité ?

Sans hésitation, NON !
Car toutes les études montrent que l’acte d’achat a profondément évolué en 20 ans. Acheter est de moins en moins un simple geste mercantile, choisir le produit, le payer et l’emporter. Et de plus en plus un acte qui concrétise, souvent de manière complexe, les nouvelles aspirations du consommateur qui cherche à donner du sens à son achat, notamment en faisant de la proximité, un critère de choix  central.

La grande distribution a d’ailleurs bien compris ces évolutions de fond auxquelles elle s’adapte à pas forcés. Ainsi, elle s’installe de plus en plus dans les cœurs de ville. De même considérant que sa croissance est désormais beaucoup tirée par le “bio”, les produits “sains” et locaux, elle a reconfiguré en conséquence son offre et ses linéaires.

Mais l’évolution la plus marquante c’est l’apparition d’une nouvelle forme de comportement d’achats. Désormais, le consommateur utilise de plus en plus une multiplicité de canaux, physiques et numériques, afin de rechercher et s’informer sur un produit, de le comparer, de l’acheter. On parle d’omnicanalité.

Ainsi s’efface progressivement l’opposition entre commerce physique et commerce en ligne dont on mesure qu’ils vont être de plus en plus complémentaires comme on a pu le constater dans les deux confinements qui ont montré que les commerces qui avaient été en mesure de proposer le “click and collect” s’en étaient mieux sortis que les autres.

Le développement du numérique apparaît de plus en clairement comme un levier de renforcement de l’activité pour bien des commerces physiques, en particulier dans les territoires ruraux ou périurbains.

L’enjeu est donc de sensibiliser les commerçants à ce défi, de chercher à les impliquer et sans nul doute de prendre les moyens de les accompagner dans la digitalisation de leur activité en ne perdant pas de vue que la crise sanitaire actuelle renforce l’urgence d’engager cette transition qui, à bien des égards s’apparente à une révolution pour une corporation peu au fait et sans doute aussi peu ouverte aux changements et à l’innovation, donc plutôt rétive aux technologies numériques.

Le corolaire étant de déployer simultanément une communication active en direction des citoyens-consommateurs sur les bénéfices multiples de l’achat local.

Cette sensibilisation me semble être du ressort des collectivités territoriales, au premier rang desquelles la commune. Même si elle n’exerce plus la compétence économique, transférée à l’intercommunalité.

Sans doute la commune n’a-t-elle pas à développer et porter les outils numériques du commerce : place de marché, applications diverses (2), etc. Mais elle a incontestablement un rôle de premier plan à jouer pour sensibiliser, impliquer et accompagner la mutation des esprits, en contribuant à lever les freins parce qu’il est fondamentalement d’intérêt général qu’elle intervienne pour préserver et développer la vitalité commerciale qui fait une part importante de la qualité de la vie sur son territoire.

Il appartient donc aux élus locaux de porter vigoureusement ce message auprès des commerçants et de les convaincre que le commerce électronique n’est pas que l’apanage des GAFA, fossoyeurs du commerce de proximité.  Car il est avant tout une menace pour les commerçants qui refusent de s’y adapter. Et qu’à l’inverse, il représente une opportunité pour ceux qui s’en saisiront.

L’un des enjeux étant de faire comprendre que le numérique n’est pas seulement un outil qui sert à faire des ventes en lignes. C’est aussi un moyen d’attirer les consommateurs dans les magasins. Il est aujourd’hui vérifié qu’avec le “click and collect”, une commande sur trois donne lieu à un achat complémentaire lors du passage dans le point de vente.

Et le changement, c’est plus que jamais maintenant !

Notes :
(1) Si les ventes sur le site français d’Amazon ont progressé de 7% dans un contexte ou les ventes en ligne ont bondi de 24 % (43 milliards d’euros) en 2020, sa part de marché a reculé, passant de 22 % en 2019 à 19 %.
Si Amazon reste un leader incontesté, ce recul s’explique surtout par l’élargissement considérable de l’offre en ligne avec l’arrivée de nouveaux acteurs du commerce en ligne boostés par la crise sanitaire.

(2) à titre d’exemples :
“ToGoodToGo” : application mobile danoise qui met en relation ses utilisateurs avec des boulangeries, restaurants, super-marchés et autres professionnels des métiers de bouche afin de leur proposer des invendus à prix réduits sous la forme de paniers à sauver.
“Dood” : application développée par une société lyonnaise qui apporte une solution de commande en ligne complète et clé en main pour les commerçants.
– Deux initiatives intéressantes :

Commerçants Coeur de Ville Numérique


https://www.mescommercantsdugrandhainaut.com

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